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Studio Idaë

Topique-eau non potable

Design urbain

Topique-eau non potable

Dès le milieu du XIXème siècle, la Ville de Paris se dote d’un réseau d’eau non potable destiné à l’arrosage des espaces verts et au nettoyage de la voierie. Menacé un temps d’abandon car vétuste et sous-utilisé, ce réseau nécessite aujourd’hui d’imaginer de nouveaux contextes d’usage pour cette eau, extraite de la Seine et du canal de l’Ourcq. Topique-eau non potable donne forme à trois usages de cette eau :

– une borne de nettoyage pour les parties communes d’immeubles ;

– une bouche de rafraîchissement pour les places publiques ;

– un bassin intégrant une phytoépuration et des chantepleures (arrosoirs à immerger) pour des jardins collectifs.

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

Topiques, l’eau, l’air, la lumière et la ville, Galerie Audi talents, novembre 2016.

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

La borne de nettoyage. Aujourd’hui n’importe quelle copropriété parisienne peut demander un raccordement au réseau d’eau non potable. Pour autant, aucun dispositif adapté n’existe pour distribuer cette eau et signifier sa spécificité. En effet, les risques sanitaires relatifs à l’eau non potable nécessitent d’empêcher toute confusion avec une eau potable. Destinée aux parties communes d’immeubles, la borne de nettoyage répond à cet enjeu en mettant à disposition des habitants de l’immeuble, un seau de 8 litres. Ce dernier se remplit grâce à une pédale située en partie basse de la borne.

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

La bouche de rafraîchissement. Face aux épisodes de canicule de plus en plus fréquents et au phénomène des îlots de chaleur, l’eau non potable peut être utilisée pour rafraîchir l’espace public. Comme les bouches d’arrosage ou de lavage présentes dans la rue, la bouche de rafraîchissement est reliée au réseau d’eau non potable et peut être ouverte avec une clef par un agent de la ville.
Le dispositif fonctionne par débordement. Il est constitué d’un matériau poreux (quartz) qui permet d’augmenter la surface de contact entre l’eau et l’air. Ainsi l’eau s’évapore et rafraîchit l’air ambiant.

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

Le bassin filtrant et les chantepleures. Ce dispositif a été conçu pour utiliser l’eau non potable dans les jardins collectifs. Il filtre l’eau grâce à un procédé de phytorestoration (filtration par les plantes) développé par l’entreprise Phytorestore. Une fois filtrée, l’eau peut être acheminée jusqu’aux plantes grâce à des chantepleures. La chantepleure est l’ancêtre de l’arrosoir. Elle a la particularité de se remplir par le dessous, une manière d’esquisser une gestuelle propre à l’usage de cette eau de Seine. Cet objet a été redessiné pour l’occasion et produit en petite série par rotomoulage.

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

Topique-eau non potable, Isabelle Daëron

2016
Dimensions et matériaux :
- bassin : 2 x 1,50 x 0,30 m, matériaux composites ;
- chantepleure : 25 x 14 x 14 cm, PVC souple ;
- borne de nettoyage : 98 x 27 x 27 cm, béton, résine ;
- bouche de rafraîchissement : 1,50 x 1,50 x 0,30 m, inox, fonte, béton, résine méthacrylate.

Équipe :
Isabelle Daëron, Pauline Avrillon, Louise Raguet (stagiaire), Camille Jégo (stagiaire), Bernard Justin, Xavier Miclet.
Fabrication : Rototech, Christophe Rovelli, Art Tech Composites, Materialise, Ezeka.
Étude de phytoépuration réalisée par Phytorestore.
Merci à l'équipe de Double 2 et particulièrement à Aurélie Baron.

Prototype réalisé dans le cadre du programme Audi Talents Awards.
Crédits photo : Pierre Lucet-Penato (photos Galerie Audi talents), Fabien Breuil (photos Tuileries).

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Atelier 6.1
20, rue Primo Lévi
75013 Paris
contact@isabelledaeron.com

Designer et chercheuse en design, diplômée de l’ENSCI-Les Ateliers et de l’Esad à Reims, Isabelle Daëron conçoit des scénarios articulant ressources naturelles et habitabilité. Son approche est protéiforme, et s’inscrit dans les domaines du design produit, design urbain et design d’espace. Ses projets mettent en perspective l’importance de l’enjeu environnemental actuel et leur champ d’application (flux, mobilité, espace public) tout en valorisant les ressources disponibles sur le territoire auquel ils sont attachés.

Certains de ses travaux, réunis sous la thématique des «Topiques» — Topique-eau, une fontaine filtrant l’eau de pluie ; Topique-eau-des-Cimes, un micro-réseau d’irrigation ; Topique-ciel, un miroir naturel alimenté par l’eau de pluie ; Topique-feuilles, un collecteur de feuilles utilisant le vent — ont reçu de nombreuses récompenses, telles le Prix Lille Design en 2012, Le Grand Prix de la ville de Paris en 2013 et le Prix Audi Talents Award en 2015. Son travail a également été exposé en France, lors de la Biennale internationale du design à Saint-Étienne, les Designer’s Days à Paris ou encore l’exposition «Conversation(s)» au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, et à l’international lors de l’International Craft Design exhibition à Taipei, la Helsinki Design Week, l’exposition des résidents du CCA Kitakyushu au Japon, parmi d’autres.

Finaliste du Prix COAL – Art et Environnement 2017 et lauréate FAIRE DESIGN 2018, Isabelle Daëron travaille en collaboration avec deux designers : Pauline Avrillon, designer diplômée de l’École Boulle travaillant sur les projets de design urbain et Floriane Roué, architecte d’intérieur diplômée de l’Ensad, contribuant aux projets de set design (vitrines et scénographies). Ensemble, ils forment le Studio Idaë.

Studio Idaë se structure autour de trois champs de compétences agissant en synergie : design urbain, set design et recherche. Il collabore fréquemment avec des institutions publiques (Cité du design de Saint-Étienne, CAUE Rhône-Alpes, Domaine de Chamarande, Centre Pompidou, etc.), des entreprises privées (Hermès, Leroy Merlin, Orange, Suez environnement, Lesieur, etc.), des municipalités (Ville de Rennes, Ville de Saint-Galmier, Ville de Rheu, etc.) ainsi que des manufactures (Cristal Saint-Louis).

Aujourd’hui, l’ensemble de l’équipe se consacre parallèlement à trois projets : la conception d’une fontaine pour la place Saint-Germain à Rennes ; la réalisation du dispositif Aéro-Seine, bouche de rafraîchissement pour la Ville de Paris ; ainsi que le développement de nouvelles vitrines pour Hermès International et Hermès Japon.

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Conception graphique : Audrey Templier
Développement web : Francis Josserand